J’adore les publicités pour les compagnies aériennes, surtout lorsqu’elles se revendiquent « low cost ». La stratégie qui consiste à annoncer un prix puis à écrire, en tous petits caractères, que ce prix attractif ne comprend pas les taxes, les frais de dossiers et autres petits prélèvements obligatoires est vraiment maligne ! J’aimerai pouvoir en faire autant. Imaginez que nous annoncions le coût d’un grand projet à notre comité de direction, avec un total défiant toute concurrence. Par exemple : l’ERP aller-retour à 50000 euros ! Applaudissements nourris à ma droite, du coté du DAF et de la direction générale, à ma gauche du côté du marketing et de la direction logistique. Il suffirait de cacher, en caractères 8, un petit texte illisible, sauf à porter des verres progressifs et à se positionner à moins de dix centimètres du dossier.
Contre-pub assurée...
Par exemple : « ce prix s’entend hors frais de services (en clair, le coût des intégrateurs qui vont nous installer l’ERP low cost), hors frais de dossier (et il en faut des dossiers et des réunions) et hors frais d’enregistrement (et il en faut aussi des heures à écouter les utilisateurs et les maîtres d’ouvrage nous raconter ce qu’ils veulent, ce qu’ils ne veulent pas et ce que peut-être-ce-serait-bien qu’on-ait-ça-si-ça-coûte-pas-trop-cher) ».
Une stratégie risquée ? Hélas, oui, même si l’on expliquait au comité de direction que lire les dossiers avant les réunions constitue une bonne habitude que tout dirigeant se doit d’avoir. Et même si l’on justifiait que décliner une stratégie utilisée par d’autres ne constitue rien d’autre que l’application de bonnes pratiques. On pourrait se voir rétorquer que notre budget système d’information sera aligné sur les coûts indiqués. Finalement, je préfère charger la note : notre comité de direction est encore habitué à voyager en First Class….
Par Séhiaud
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Lu dans l’excellent quotidien Les Echos, le 2 janvier : un premier article titré : « affaire des stocks-options : soutien inconditionnel d’Apple à Steve Jobs ». Et un autre, juste à la page suivante : « Altran : le départ de Christophe Aulnette coûtera plus de deux millions d’euros ». Bigre ! Je n’imagine même pas, dans la presse, des titres concernant les DSI, du style : « Malgré un plantage informatique dévastateur qui a fait plonger le cours de bourse le DSI xx bénéfice d’un soutien inconditionnel de sa direction générale ». Ou encore : « Le départ de Monsieur X, DSI de la société non moins X coûtera deux millions d’euros ». J’imagine même tout le contraire : c’est la porte, sans indemnités ! Voilà des individus qui certes, ont d’immenses qualités, mais ne semblent pas à leur place : l’un a falsifié les dates d’exercice de ses stocks-options (un simple comptable ne se risquerait pas à modifier la date d’une facture, il sait où il finira : au pire à l’ANPE, au mieux, en offshore avec les autres) ; le second a, semble-t-il, été victime de désaccords stratégiques. Il n’a pas dû se renseigner où il mettait les pieds avant d’y aller. Ou alors il a accepté le poste en négociant un confortable parachute doré, ce qu’il a fait.
Mais pourquoi l'ont-ils recruté, celui-là ?
On peut regretter que des directions générales se commettent dans des pratiques frauduleuses ou s’embarquent dans des situations dignes d’une cour d’école. Mais nous avons quand même un point commun : les mauvais DSI, comme les mauvais managers, retrouvent presque toujours un poste. On ne citera évidemment pas de noms mais chacun d’entre nous doit en connaître au moins un, à propos duquel on a pensé, même subrepticement : « mais pourquoi l’ont-il recruté, tout le monde sait qu’il n’a pas le niveau ! ». Certes, mais les cabinets de recrutement et les futurs employeurs ne le savent toujours pas. Et c’est tant mieux. Il faut bien que, nous aussi, nous ayons quelques petites compensations pour notre dur métier qui peut être éphémère. On a l’impunité qu’on peut…
Par Séhiaud
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