Mardi 28 avril 2009
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Jeudi 22 février 2007
J’adore les publicités pour les compagnies aériennes, surtout lorsqu’elles se revendiquent « low cost ». La stratégie qui consiste à annoncer un prix puis à écrire, en tous petits caractères, que ce prix attractif ne comprend pas les taxes, les frais de dossiers et autres petits prélèvements obligatoires est vraiment maligne ! J’aimerai pouvoir en faire autant. Imaginez que nous annoncions le coût d’un grand projet à notre comité de direction, avec un total défiant toute concurrence. Par exemple : l’ERP aller-retour à 50000 euros ! Applaudissements nourris à ma droite, du coté du DAF et de la direction générale, à ma gauche du côté du marketing et de la direction logistique. Il suffirait de cacher, en caractères 8, un petit texte illisible, sauf à porter des verres progressifs et à se positionner à moins de dix centimètres du dossier.

Contre-pub assurée...

Par exemple : « ce prix s’entend hors frais de services (en clair, le coût des intégrateurs qui vont nous installer l’ERP low cost), hors frais de dossier (et il en faut des dossiers et des réunions) et hors frais d’enregistrement (et il en faut aussi des heures à écouter les utilisateurs et les maîtres d’ouvrage nous raconter ce qu’ils veulent, ce qu’ils ne veulent pas et ce que peut-être-ce-serait-bien qu’on-ait-ça-si-ça-coûte-pas-trop-cher) ».

Une stratégie risquée ? Hélas, oui, même si l’on expliquait au comité de direction que lire les dossiers avant les réunions constitue une bonne habitude que tout dirigeant se doit d’avoir. Et même si l’on justifiait que décliner une stratégie utilisée par d’autres ne constitue rien d’autre que l’application de bonnes pratiques. On pourrait se voir rétorquer que notre budget système d’information sera aligné sur les coûts indiqués. Finalement, je préfère charger la note : notre comité de direction est encore habitué à voyager en First Class….
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Jeudi 22 février 2007
Lu dans l’excellent quotidien Les Echos, le 2 janvier : un premier article titré : « affaire des stocks-options : soutien inconditionnel d’Apple à Steve Jobs ». Et un autre, juste à la page suivante : « Altran : le départ de Christophe Aulnette coûtera plus de deux millions d’euros ». Bigre !  Je n’imagine même pas, dans la presse, des titres concernant les DSI, du style : « Malgré un plantage informatique dévastateur qui a fait plonger le cours de bourse le DSI xx bénéfice d’un soutien inconditionnel de sa direction générale ». Ou encore : « Le départ de Monsieur X, DSI de la société non moins X coûtera deux millions d’euros ». J’imagine même tout le contraire : c’est la porte, sans indemnités ! Voilà des individus qui certes, ont d’immenses qualités, mais ne semblent pas à leur place : l’un a falsifié les dates d’exercice de ses stocks-options (un simple comptable ne se risquerait pas à modifier la date d’une facture, il sait où il finira : au pire à l’ANPE, au mieux, en offshore avec les autres) ; le second a, semble-t-il, été victime de désaccords stratégiques. Il n’a pas dû se renseigner où il mettait les pieds avant d’y aller. Ou alors il a accepté le poste en négociant un confortable parachute doré, ce qu’il a fait.

Mais pourquoi l'ont-ils recruté, celui-là ?

On peut regretter que des directions générales se commettent dans des pratiques frauduleuses ou s’embarquent dans des situations dignes d’une cour d’école. Mais nous avons quand même un point commun : les mauvais DSI, comme les mauvais managers, retrouvent presque toujours un poste. On ne citera évidemment pas de noms mais chacun d’entre nous doit en connaître au moins un, à propos duquel on a pensé, même subrepticement : « mais pourquoi l’ont-il recruté, tout le monde sait qu’il n’a pas le niveau ! ». Certes, mais les cabinets de recrutement et les futurs employeurs ne le savent toujours pas. Et c’est tant mieux. Il faut bien que, nous aussi, nous ayons quelques petites compensations pour notre dur métier qui peut être éphémère. On a l’impunité qu’on peut…
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Jeudi 4 janvier 2007
    Des DSI qui deviennent consultants, cela commence à faire très tendance. On a vu une première phase, il n’y a pas si longtemps, où des DSI sont passés du côté des fournisseurs, en l’occurrence des SSII. La nouvelle mode, à croire que les sociétés de services, ça fait plutôt bas de gamme, c’est d’intégrer les cabinets de conseil.
    En quelques semaines, deux de mes éminents confrères, et pas des moindres (Jean-Pierre Corniou, qu’on ne présente plus et Thierry Bonne qui a créé et dirigé les systèmes d’information de notre Marine Nationale, sont tombés dans le chaudron du conseil, le premier chez EDS, le second chez Bearingpoint.

Carte de visite de luxe

    Pourquoi pas ?
    J’avoue que moi aussi, je pourrais me laisser tenter. D’abord pour la carte de visite en quadri : entre « senior associate », « vice-président en charge de quelque chose », bref « big boss » et le titre de « directeur des systèmes d’information », devinez lequel est le plus valorisant ? Je ne parle pas de la drague, car ni l’un ni l’autre n’incite le beau sexe à la gaudriole (Ah ! passer une soirée avec un consultant, fut-il senior quelque chose ou un DSI, c’est quasiment pareil : au bout de dix minutes l’un comme l’autre ne peuvent s’empêcher de parler de leur dur métier, bonjour l’ambiance !….). 
        Mais dans un CV, ça en jette ! Et pas qu’un peu. Car, hélas, le premier réflexe d’un interlocuteur face à quelqu’un qui explique que son métier est DSI est de marquer un temps d’hésitation avant de compatir : « ben, dites-donc, vous devez en avoir des emmerdes dans votre job ». Bien vu… Alors que face à un consultant, le premier réflexe sera d’admirer la bête : quelqu’un qui conseille des directions générales, des directions métiers et autres managers à haut potentiel ne peut qu’être un surdoué. Sinon, il ne serait pas consultant. Bien sûr, nous autres DSI, connaissons la vérité : combien de consultants avons-nous recrutés pour nous conseiller, comme il se doit, avant de nous apercevoir qu’ils en savaient beaucoup moins que nous et qu’il fallait tout leur expliquer ! Et pour les téméraires, les sortir des réunions où officiellement ils « se familiarise avec les process métiers de l’entreprise » alors qu’en réalité ils pompent des idées avant de se les ré attribuer en slides trois dimensions !

Un conseil, ça (se) paie..
.

    Le second avantage à passer dans le monde du conseil, c’est bien sûr la rémunération. C’est un moyen, pour nous, de faire un saut quantitatif que nos patrons ne veulent pas nous accorder. J’y vois un troisième avantage : si l’on passe du côté des conseilleurs, il est bien difficile de venir contester nos conseils, précieux par définition, au prix où ils ont été payés par les entreprises. Ca c’est une sacrée revanche quand on songe aux heures qu’il nous faut consacrer à convaincre un directeur financier ou un DRH qu’on ne gouverne pas un système d’information à coups de lignes en moins sur un tableur.
        Bon, allez, je vous laisse, j’ai mon CV à actualiser…

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Jeudi 4 janvier 2007
On la refait... L’expression consacrée dans le milieu du cinéma a déteint sur celui des technologies de l’information. Car on nous refait un remake de «J’te crève la bulle» !
On le voit par exemple avec le titre d’un article du quotidien Les Echos (du 31 octobre) : « La survalorisation des start-up du Web 2.0 commence à inquiéter ». Ce qui nous semble évident à nous DSI, l’est moins pour les autres.
On nous a fait le coup, au début des années 2000, souvenez-vous, lorsque nos chers directeurs marketing nous ont expliqué qu’avec des web agency, ils pouvaient se passer de nos services, de nos conseils et, surtout de nos méthodologies de gestion de projets. On a vu ce que ça a donné… 
Ou que nos directions générales nous ont affirmé qu’il n’y avait pas d’issue en dehors du e-business. On a vu ce que ça a donné…
Ou lorsque que nos informaticiens qui, croyaient-ils, étaient bourrés de talent, se sont lancés dans l’aventure des jeunes pousses. On a vu qu’elles n’ont pas passé l’hiver 2002…

C'est pas pareil, j'vous dis !

Bien sûr, on nous explique qu’aujourd’hui, ce n’est pas pareil, qu’avec Web 2.0, c’est la vraie révolution, qu’il faut jeter nos vieilles applications pour que tout le monde travaille sur le web, que les pratiques d’hier sont révolues et qu’une multitude de petites sociétés sont là pour nous changer la vie. Peut-être. Peut-être pas. Attendons donc que Bulle 2.0 soit passé.

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